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Dans l'œuvre
déjà riche de Le Clézio, Désert marquera sans doute un moment décisif. Il y a
deux ans, Mondo et autres histoires nous transportait auprès d'enfants indiens
heureux dont les joies claires et les hymnes faisaient un peu oublier
l'angoisse de La Guerre ou l'errance du Livre des fuites. Cette fois, les deux
données contradictoires de l'univers de Le Clézio cristallisent remarquablement
: Désert est à la fois poème et tragédie, roman émerveillé et roman noir, un
royaume et son exil, l'exploration tour à tour des deux côtés du monde...
Dans Désert,
Le Clézio raconte deux histoires indépendantes : - L'histoire de Nour et des nomades
du désert : dans ce récit le romancier raconte une aventure collective : celle
des nomades du désert, exterminés par les troupes de l'armée française lors de
la colonisation du Sahara occidental, entre 1909 et 1912. Nour, un jeune garçon,
est le témoin de ce drame. Mais raconte aussi l'histoire de Lalla . Elle se
déroule en partie dans le même cadre géographique mais dans les années
1960-1970. Le romancier y évoque le destin individuel de Lalla, jeune fille née
dans le désert. Cette dernière vit une enfance heureuse dans un bidonville
situé en marge d'une grande cité marocaine, aux portes du désert. Adolescente,
elle est obligée de fuir et se rend à Marseille. Elle y découvre la misère et
la faim, " la vie chez les esclaves ". Au terme d'une longue errance,
Lalla revient dans son pays natal. Elle renoue alors avec le bonheur et la vie.
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